En 1993, un échange tendu entre l’écrivain et activiste Larry Kramer et le Dr Anthony Fauci, alors directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, s’est déroulé lors d’une émission téléphonique en direct du C-SPAN. Le débat s’est concentré sur les priorités de la recherche sur le sida et sur le nouveau groupe de travail de l’administration Clinton. L’argument n’était pas seulement académique ; cela reflète des années de frustration de la part de militants qui estimaient que l’établissement médical évoluait trop lentement face à une crise qui s’aggravait rapidement.
Des décennies de tension
Kramer, un critique virulent de l’inaction du gouvernement, avait accusé à plusieurs reprises Fauci et les National Institutes of Health (NIH) de traîner les pieds dans la recherche sur le sida. Sa frustration provenait de la lenteur des essais cliniques, du financement limité des traitements expérimentaux et de ce qu’il considérait comme une indifférence bureaucratique à l’égard de la souffrance des personnes atteintes du SIDA. La situation était particulièrement critique car au début des années 1990, des milliers de personnes mouraient chaque année à cause de la propagation du virus et il existait peu de thérapies efficaces.
Une confrontation télévisée
Le programme d’appel était censé être une discussion civile, mais l’animosité qui couvait depuis longtemps a rapidement débordé. Kramer a menacé Fauci directement : « Tony, si tu démarres cette affaire sur le principe : « La science ne se fait pas de cette façon », je vais venir là-bas et te gifler. Fauci a répondu par une réplique dédaigneuse mais affectueuse : “Très bien, Larry, attends une seconde. Je t’aime, Larry.”
L’échange a été saisissant, même pour des téléspectateurs habitués aux débats percutants. Cela a souligné le profond fossé entre ceux qui prônent un changement radical et les personnalités de l’establishment qui naviguent dans les complexités de la recherche scientifique et les obstacles bureaucratiques.
Pourquoi c’est important
Ce moment n’était pas seulement une querelle personnelle ; c’était emblématique d’une lutte plus large. La crise du sida a contraint les militants à affronter de front les systèmes médicaux et politiques, remettant en question les normes établies et exigeant une action plus rapide. Les tactiques agressives de Kramer, bien que controversées, ont contribué à accélérer la recherche et à attirer l’attention sur l’urgence de l’épidémie. Aujourd’hui, cet affrontement rappelle les enjeux élevés des urgences de santé publique et le pouvoir de l’activisme direct pour pousser au changement.
Le débat entre Kramer et Fauci souligne l’importance de défier l’autorité lorsque des vies sont en danger, ainsi que la tension entre la rigueur scientifique et le besoin désespéré de solutions immédiates.






























