Mission Draco de l’ESA : étudier la disparition d’un vaisseau spatial dans l’atmosphère terrestre

15
Mission Draco de l’ESA : étudier la disparition d’un vaisseau spatial dans l’atmosphère terrestre

L’Agence spatiale européenne (ESA) se prépare à une expérience unique : écraser délibérément un vaisseau spatial dans l’atmosphère terrestre pour étudier ce qui se passe lors d’une rentrée destructrice. La mission, appelée Draco (Destructive Reentry Assessment Container Object), vise à recueillir des données réelles sur le comportement des matériaux des engins spatiaux lorsqu’ils sont exposés à une chaleur et une pression extrêmes, un processus qui repose actuellement sur des simulations et des tests limités en laboratoire.

Le problème des débris spatiaux et de la pollution atmosphérique

À mesure que de nouveaux satellites sont lancés, le risque de débris spatiaux augmente. Les rentrées incontrôlées posent deux problèmes clés : les victimes potentielles si les débris survivent et atteignent le sol, et la pollution atmosphérique due aux matériaux qui brûlent. Les modèles de rentrée actuels sont imparfaits, ce qui rend difficile la conception d’engins spatiaux qui se désintègrent complètement sans laisser de résidus nocifs. L’objectif est de « concevoir pour la disparition » : construire des satellites qui se désagrègent entièrement de manière contrôlée.

Comment Draco fonctionnera

Prévu pour 2027, le vaisseau spatial Draco aura à peu près la taille d’une machine à laver (150 à 200 kg) et sera équipé de plus de 200 capteurs et de quatre caméras. Il entrera sur une orbite terrestre basse avant d’être intentionnellement dirigé vers l’atmosphère. Au fur et à mesure de la combustion, les capteurs mesureront la température, la contrainte et la pression, tandis que les caméras enregistreront le processus de destruction. Les données seront transmises via une connexion par satellite géostationnaire avant que la capsule ne s’écrase dans une zone océanique inhabitée.

Pourquoi c’est important : au-delà de la simple sécurité

Les experts soulignent l’importance de comprendre les produits d’ablation par réentrée, c’est-à-dire les matériaux libérés lors de la combustion. Ces émissions peuvent affecter la haute atmosphère, influençant potentiellement les niveaux d’ozone, l’équilibre climatique et même la formation de nuages ​​polaires. Bien que la mission Draco ne soit pas le seul effort dans ce domaine, elle fournira des données vitales du monde réel qui pourraient améliorer les modèles de rentrée, conduisant ainsi à des conceptions d’engins spatiaux plus sûres et plus respectueuses de l’environnement.

« Comprendre le comportement des différents matériaux lors de leur combustion pourrait aider les ingénieurs à concevoir des satellites qui se désintègrent complètement, ne laissant rien en orbite ou dans l’atmosphère », explique l’ESA.

La mission est une étape vers des pratiques spatiales plus durables, abordant l’interaction complexe entre les préoccupations de sécurité et environnementales. Les résultats devraient éclairer le développement de satellites « démontables » d’ici 2030, réduisant ainsi les risques à long terme associés aux débris spatiaux.